Les
grues dans la nuit -
On ne voit que leurs cris
parmi les étoiles.
Un
véritable haïku !
Un sujet
classique, il est vrai, mais certainement aussi une variante
nouvelle et originale tout à l'esprit japonais.
Tonalité et rythme convaincants, p.ex.l'approche
phonétique des 'grues' à la 'nuit' avant de s'y
enfoncer totalement renforcée encore par les rimes 'cris'
et 'parmi' et intégrée enfin dans la grandeur des
'étoiles' annoncées déjà de son
côté par le verbe central 'voit'.
Ensuite l'effet
de surprise avec la perception simultanée, l'incorporation
d'un tout petit phénomène terrestre dans
l'immensité de l'univers et par cela sa propre
revalorisation ! Un jeu parfait d'impressions retentissantes
!
Klauss-Diter
Wirth Gong 10 janvier 2006
Palper
longtemps
avant d'ouvrir le paquet.
Toujours ça de rêver.
C'est un
haïku-senryu ficelé avec trois infinitifs : palper -
ouvrir - rêver et trois adverbes de temps : longtemps -
avant -toujours. Et le tercet respire bien. Un instant souvent
vécu à Noël où se superposent l'attente
de l'enfant et l'amer du regard adulte. L'excitation de voir et la
déception du déjà vu. Un verset plus
parlé qu'écrit. Le temps y passe, le temps de palper
le cadeau. Cependant il manque à L3 le détachement
haïku. L'auteur impose son sentiment au lieu d'ouvrir
l'image. Il aurait pu construite L3 avec un élément
naturel qui fait allusion à la position de l'enfant qui
voit avec ses mains : brouillard, brume, nuit de Noël.
Malgré tout, j'ai aimé.